Rencontre avec la tapisserie contemporaine

Sur la recommandation du Musée d'Art Moderne de Paris, ce film a été demandé par le Power Station of Art pour accompagner l'exposition "Decorum" à Shanghaï.
      

  
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Autodidacte par conviction, j'ai eu la chance dans ma vie de cotoyer de grands artistes, ce qui pour moi fut une très belle école des Beaux-Arts.
Plasse Le Caisne, interprète de l'école de Paris sera le premier à me confirmer ma voie.
Les nombreuses expositions que j'ai présentées auront été autant d'occasions de rencontrer peintres et sculpteurs, de travailler avec eux.



Mais s'il est une expérience qui m'aura permis d'aller au devant des grands acteurs de ma profession, ce fut sans doute la participation au film documentaire "Rencontre avec la tapisserie contemporaine" en tant que photographe. Je ne saurai trop insister sur l'importance de voir ce film, d'en parler autour de vous et de nous aider par tous les moyens à le faire diffuser.

Ce film est disponible sur Le Portail de la tapisserie contemporaine. Pour vous inciter à le regarder, à le faire connaître, voici quelques indications et souvenirs personnels concernant les journées de tournage et le contenu de ce documentaire.

Daniel Riberzani et Amélie-Margot Chevalier

Daniel Riberzani et Amélie-Margot Chevalier

Michele Giffault

Michele Giffault, conservatrice

    

Parmi les visites les plus marquantes et culturellement enrichissantes, je citerai les conservateurs de musées :

Michele Giffault (Aubusson), racontant l'histoire de son musée qui débuta sans collection; il lui fallut tout acquérir, avec de multiples aventures et expériences.
Le rôle social de la tapisserie pour le bassin d'Aubusson , son aspect économique et culturel font de son récit une histoire passionnante.

    

Béatrice Pennant, historienne de l'art à Tournai va nous narrer l'évolution de la tapisserie vers l'art textile, ici comme ailleurs.

Mais surtout Françoise de Loisy rencontrée à maintes reprises à Angers. Elle nous ouvrira grandes les portes de son musée pour que nous puissions en filmer les expositions successives, avec le commentaire adapté.
Elle nous retracera l'histoire d'Angers et de son maire passionné de tapisserie- l'acquisition par la ville de la tenture du "Chant du monde" de Lurçat, la période du CRAT.
Elle nous enseigne l'histoire des biennales de Lausanne, l'évolution vers la création pure par les lissiers eux-mêmes.
Elle nous permattra de rencontrer Lluis Campins, directeur du musée de San Cugat .(que nous rencontrerons en Catalogne le jour du décès de Josep Grau-Garriga).
Des heures d'entretiens avec cette grande spécialiste de la tapisserie (et de la céramique) vont nous éclairer sur beaucoup d'aspects peu connus de cet art.
L'importance de la conservation dans les musées en parallèle aux centres d'art contemporains chargés de révéler les artistes.




Françoise de Loisy

Françoise de Loisy, conservatrice

    

Des journées entières en visite au Mobilier National vont me donner une idée précise du travail des grands liciers héritiers des traditions françaises.

La passion d'un Philippe Playe, d'un Francis Trivier, l'érudition d'Arnauld Brejon et la clairvoyance d'un Bernard Schotter seront autant de ravissements pour la liciere que je suis.
Ressentir l'émotion de Patrick Tosani ou Isabelle Champion Métadier devant la tombée de leur tapisserie tissée au Mobilier National.

    
    
    
    

Et que dire des journées passées avec Béatrice Casadesus, Vincent Bioules ou Jean Le Gac, expliquant leur vision de l'art, leur parcours et leurs liens à la tapisserie.
Entendre Vincent Bioulès rire en se souvenant qu'il a inventé le terme "support-surface", évoquant la réaction de ses amis peintres quand il en revient au métier, à la figuration.
l'entendre parler de la sensibilité nécéssaire dans l'art.
L'entendre échanger avec la lissière sur la traduction de son oeuvre devant le métier à tisser.
La difficulté de répondre à une commande initiée par Philippe Seguin pour la Cour des Comptes, avec les étapes de la construction de l'œuvre

Evoquer avec Béatrice Casadesus le rapport de la trame en peinture avec la trame en tapisserie devant une de ses œuvres dans son atelier de Malakoff.
Discuter à perte de vue avec André-Pierre Arnal de l'abstraction , de la poésie et du hasard.
Ecouter Jean Le Gac qui conseille aux lissiers de le trahir pour ne pas faire de copie.
Découvrir avec Jean-Marc Sauvier les couleurs et les tons de tous les échantillons conservés dans le NIMES
Combien d'enseignements pour ma propre carriere seront issus de toutes ces rencontres




Béatrice Casadesus

Béatrice Casadesus

Jean Le Gac

Jean Le Gac

    

J'ai eu cette chance de connaître Josep Grau-Garriga, chez lui, à Saint-Mathurin.
C'était au lendemain d'un référendum sur l'autonomie de la Catalogne.
S'il est un artiste qui revendique un sens politique à son œuvre, c'est lui.
L'évocation de son enfance marquée par le franquisme, le souvenir des ses origines modestes et humbles, le respect de la terre
Nous avons beaucoup parlé des artistes qu'il admirait (Rothko, Picasso, Rauschenberg, Miro, De Kooning et tant d'autres).
Il faisait partie des artistes convaincus qu'il n'y avait aucune importance à faire de l'abstrait ou du figuratif.
Seul compte ce que tu veux dire et la manière dont tu le transmets.
Je garderai en mémoire le livre édité pour ses 80 ans qu'il a feuilleté devant nous en évoquant chaque page, donc chaque année illustrée par un dessin.
Grande sensibilité d'un grand artiste.



Josep Grau Garriga

Josep Grau Garriga

Daquin

Daquin

    

J'ai beaucoup aimé rencontrer Daquin, très grand technicien ayant mis à profit son expérience de lissier des Gobelins pour faire sortir la tapisserie du mur, pour en montrer l'intérieur.
Sa rencontre avec Denise Majorel, ses souvenirs des biennales de Lausanne.




    

Que dire de l'humour de Jacques Brachet, professeur à l'Ecole de Sèvres, qui évoque avec malice ses actions destinées à initier le public à un art contemporain..



Jacques Brachet

Jacques Brachet

    

La chance de parler avec Bernard Battu dans son atelier d'Aubusson.
Sa fougue et sa passion quand il évoque les grands maîtres qu'il a interprété; non, pas interprété , mais traduit en se mettant dans la peau de l'artiste, en étant lui
Jean Fourton, psychanaliste, éléve de Lacan, parlant de sa rencontre avec Soulage, et évoquant l'aventure des vitraux du Margeleix tissés par Bernard Battu en hommage à la déportation.
Chaque question entraînant une réponse concise, voire une boutade (l'abstraction n'existe pas, si on y réfléchit bien....) N'a-t-il pas raison? Parler avec lui de la notion de hasard dans l'oeuvre, à comparer avec le lapsus qui montre que derrrière une tapisserie, "il y a quelqu'un".




Bernard Battu

Bernard Battu

    

Cette rencontre avec Sheila Hicks, passage de Retz, par un jour d'orage. Nous ne tournerons aucune image de son exposition ....
mais nous garderons un souvenir amusé d'Audrey, son éléve, qui montera dans notre voiture sans argent ni bagages pour venir visiter la Normandie.



    

Quelques rencontres vont aussi se transformer en amitié: Dominique de Serres, lissière, et son mari Bernard Louedin, artiste peintre qui travaillent en parfaite complémentarité.
Et toutes les collègues artistes lissières, avec leur personnalité, leur expérience, leur passion.
Marie-josé Chéret qui nous raconte les grandes années des ateliers angevins .
Sylvie Weber et son mari philippe, deux artistes en symbiose, avec de grandes carrières en France et à l'étranger.
Emöke, la visite des friches de la belle de Mai et la rencontre avec Tess : des artistes bien dans leur temps.
Mireille Guérin, sa foi et son engagement pour un art qu'elle participe à rendre majeur.
Claude-Marie Thibert Boutou qui a permis à tant de ses élèves d'accéder à l'art d'être lissier.
Nacéré Désigaud, toute en émotions contenues, la sensibilité à fleur de lisse, racontant son dur chemin dans ce monde mercantile; artiste à l'état pur, comme on n'en fabrique plus assez aujourd'hui.
Souvenir encore tout chaud de ses belles tomates mûres cueillies dans son jardin pour digérer tant de vibrations vécues ensemble.

Et j'en oublie, tant il y en a eu, des rencontres. L'atelier A2 où France-Odile et Martine se sont réunies pour s'encourager mutuellement.

L'atelier A3 les lissiers, avec Frédérique et Peter qui sont les derniers représentants des ateliers parisiens; tant de grands peintres leur ont passsé commande qu'ils en sont une mémoire à eux seuls.
Pierre Alechinsky, nous confiant très aimablement ses droits de reproduction, mais tellement irrité à l'idée que sa future tapisserie doive encore attendre deux ans pour être achevée par le Mobilier National que nous ne le rencontrerons pas cette fois..
Autre souvenir amusant, anecdotique: la tombée de tapisserie de Vincent Bioulès aux Gobelins à laquelle nous étions conviés. Nous ne la verrons pas, Frédérique Mitterand, Ministre de la culture, s'y est invité au dernier moment.
Me voici plus riche de toutes ces personalités rencontrées, de leur savoir, de leur opinion, de leur gentillesse: qu'ils en soient remerciés. Tout ceci, j'ai voulu le partager et je vous invite donc à regarder le documentaire sur le Portail de la tapisserie contemporaine

Nacéra Désigaud

Nacera Désigaud

Sylvie Weber

Sylvie Weber

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